Infiltration de la Scientologie

 

Bien que la première Eglise de Scientologie ait été fondée en 1954, la Scientologie est une religion totalement nouvelle. Qu’est-ce que cinquante ans d’existence pour une religion ?
Elle est nouvelle par sa jeunesse, par son approche de la spiritualité mariant les apports de la démarche scientifique moderne à une conception de la vie puisée dans des sources religieuses très anciennes, mais aussi par ses méthodes de gestion des Eglises, par les méthodes de développement personnel qu’elle propose, par son message principal, résolument optimiste, et qui se résume à ceci : l’homme est fondamentalement bon et il peut atteindre la liberté spirituelle totale dans cette vie. Il est clair qu’un tel mouvement, comme d’autres nouveaux mouvements religieux, dérange et ce d’autant plus que les scientologues ne sont pas inactifs sur le plan social : éducation, réhabilitation des toxicomanes, lutte contre les abus de la psychiatrie, etc. Les attaques déloyales menées contre l’Eglise de Scientologie et, fait relativement nouveau, contre des personnes physiques, justifiaient largement la création d’une association regroupant des membres actifs désireux d’assurer leur propre défense et la défense de leur religion.

Dans les attaques contre les scientologues, le thème de l’infiltration revient souvent.
C’est un thème qui n’est d’ailleurs pas spécifique à la Scientologie. Tous les mouvements religieux connaissant un fort développement ont été accusés, en leur temps, de tentative de contrôle des structures de la société. En ce qui concerne les scientologues, pour caricaturer (à peine) leurs détracteurs, on peut dire : “quoi qu’un scientologue fasse, il a tort. S’il ne dit pas à son entourage qu’il est scientologue, c’est parce qu’il cherche à s’infiltrer. S’il le dit, c’est qu’il se livre à un prosélytisme exagéré…” Cet argument grossier est connu des sociologues sous le terme de double-binding1 : vous avez seulement deux attitudes possibles et dans chacune d’elles vous avez tort, vous êtes perdant à tous les coups…

Les accusations d’infiltrations proviennent soit d’une méconnaissance de la Scientologie, soit d’une volonté délibérée de présenter de façon tendancieuse le message de son fondateur ou les activités des scientologues. Face à l’amalgame grossier, distinguons les différentes activités.

Vous avez, tout d’abord, le scientologue, bien intégré dans la société, qui travaille dans une entreprise. La Scientologie a ceci de remarquable, c’est qu’elle fournit des outils qui sont applicables dans la vie de tous les jours pour mieux communiquer avec ses semblables, améliorer sa propre conduite, etc. Cette personne va donc appliquer ces outils pour elle-même de façon naturelle et créer un peu de bien-être autour d’elle. Ce faisant, peut-être sera-t-elle amenée à parler de sa religion au cours de conversations privées. Peut-être pas. Rien ne l’y oblige, c’est une question de choix personnel. Ensuite, vous avez le consultant qui a choisi de délivrer du conseil fondé sur des techniques mises au point par le fondateur de la Scientologie, L. Ron Hubbard. Ces techniques concernent des méthodes d’enseignement, de communication et de management. Les points communs avec la Scientologie sont qu’elles ont été créées par le même fondateur et qu’elles sont donc utilisées aussi dans els Eglises de Scientologie, mais il s’agit de techniques pouvant être appliquées dans toute organisation, religieuses ou non. Ce consultant versera une sorte de dîme pour l’usage des ces outils à des réseaux spécifiques créés par L. Ron Hubbard, WISE pour les outils de management, ABLE pour les outils d’enseignement, et il sera obligé de mentionner le nom de L. Ron Hubbard et le copyright sur ses documents. L’objectif de tels consultants est de délivrer un conseil efficace sur la base d’outils qui fonctionnent et qui ont largement fait leurs preuves. Un point c’est tout. Vous avez ensuite l’activité des centres NARCONON de réhabilitation des toxicomanes. Là encore, ces centres utilisent des techniques mises au point par le fondateur de la Scientologie, et ils font partie des activités sociales et caritatives de l’Eglise.
Un autre volet d’activités est celui des associations parrainées par l’Eglise de Scientologie qui oeuvrent dans le domaine social telles que la Commission des citoyens pour les droits de l’Homme qui lutte contre les abus de la psychiatrie. Les actions de la CCDH appartiennent à cette catégorie.
Enfin, vous avez les relations publiques auxquelles se livrent les représentants officiels de l’Eglise de Scientologie en France. Par des contacts, par des visites, ces représentants ont pour tâche de faire connaître la Scientologie, ses messages, ses actions dans le domaine social, parfois d’alerter les pouvoirs publics lorsque des abus criants contre la liberté de religion, de conviction se manifestent dans la société.
Tout mouvement religieux un tant soit peu organisé a de telles activités.

En conclusion, vous voyez que l’accusation d’”infiltration” caricature une réalité très riche et dénature deux motivations fondamentales parfaitement louables : faire connaître la Scientologie et améliorer la société. Car les scientologues partagent cette conviction : ils ne croient pas aux révolutions mais à l’évolution.

On peut changer en bien la société mais en s’adressant à l’individu.

 

  1. En anglais, to bind veut dire ligoter, garrotter. L’expression “double binding” pourrait être traduite par l’action d’entraver ou d’empêcher doublement les mouvements ou les actions de quelqu’un.